On vous demande d’être efficace, rapide, autonome. Mais personne ne vous apprend à trier vos décisions. Cette newsletter montre pourquoi ce sentiment de surcharge n’est pas de votre faute, comment notre cerveau nous piège au quotidien, et comment un outil simple peut transformer votre façon de travailler — dès le début de carrière.
Lors de mes premiers pas dans le milieu professionnel, j’ai dû prendre une décision seul pour la première fois. Rien d’extraordinaire. Juste choisir où concentrer mon attention pour avancer plus vite.
Mon responsable venait de me rajouter une énième tâches pour cette semaine. Je ne savais plus par où commencer. Définir des priorités dans une liste de priorités, je n’avais jamais appris comment faire.
J’ai complètement bloqué.
Ce n’est pas que je manquais de motivation. Mon intention était claire : être efficace, progresser, faire bien.
Mais je n’avais aucun système. Résultat : chaque choix me paraissait lourd, chaque hésitation me freinait.
J’étais submergé. Trop de décisions. Trop peu de repères pour les trier et agir rapidement.
D’après les recherches de la neurologue Labuzetta et de la professeure Sahakian (Bad Moves), un adulte prend environ 35 000 décisions conscientes ou inconscientes par jour. Soit près de 24 décisions par minute, 24 heures sur 24.
Une avalanche.
Certaines sans conséquence. D’autres capables de changer une carrière.
Alors comment fait-on le tri ? Comment séparer les décisions qui méritent deux minutes de réflexion pour booster notre carrière… de celles qu’on peut laisser au hasard ?
Notre cerveau n’est pas conçu pour tout analyser.
Il simplifie. Il filtre. Il invente même des raccourcis qu’on appelle des biais cognitifs.
Un biais cognitif, c’est une distorsion qui nous pousse à agir vite. Par exemple, si quelqu’un est charismatique, bien habillé, on a tendance à le juger plus compétent — sans preuve.
Ces biais brouillent notre jugement. Ils nous poussent à courir derrière l’urgent plutôt qu’à investir dans l’important.
Urgent ne veut pas dire important. Pourtant notre cerveau confond les deux. Résultat : on résout les petites crises du quotidien… et on oublie d’avancer sur ce qui compte vraiment.
Les tâches urgentes : elles consument votre énergie. Un mail, un appel, une demande d’un collègue. On réagit, vite, sans réfléchir.
Les tâches importantes : elles construisent votre avenir. Préparer une présentation stratégique, apprendre une nouvelle compétence, nourrir un projet. Elles n’exigent pas d’être traitées immédiatement, mais elles sont cruciales pour votre évolution.
Le vrai piège ? Certaines tâches sont à la fois urgentes et importantes.
Exemple : votre manager vous demande un dossier pour une réunion client dans deux heures. C’est urgent (délai court). Et c’est important (impact direct sur la relation client).
Impossible de l’ignorer et elles contribuent à vos objectifs long-terme.
Alors comment on fait le tri pour pouvoir se focaliser sur les tâches urgentes et importantes ainsi que sur celles qui sont non-urgentes mais importantes ?
C’est outre-Atlantique que la réponse est née avec le 34ᵉ président des États-Unis.
Dwight Eisenhower, était un général submergé par les décisions. Il a compris une chose simple : tout n’a pas la même valeur, ni la même urgence.
Il a donc créé une méthode visuelle et redoutable. Un outil pour garder le cap sans se noyer.
La matrice d’Eisenhower : un carré divisé en quatre zones.
Urgent et important → à faire tout de suite (ex. : un livrable dans l’heure, une crise client).
Important mais non urgent → à planifier (ex. : préparer une présentation, développer une compétence).
Urgent mais pas important → à déléguer si possible (ex. : certaines demandes logistiques).
Ni urgent ni important → à éliminer (ex. : remplir un document inutile).
Parce qu’on passe nos journées à courir derrière l’urgent… et on oublie l’important.
Parce qu’on s’épuise à faire beaucoup… sans jamais avancer sur l’essentiel.
Cette matrice t’oblige à prendre du recul. À remettre chaque action dans son vrai cadre. À sortir du “mode pompier” pour redevenir stratège.
Un réflexe simple. Mais qui, dès les débuts de carrière, change tout.
Et si je te disais que tu peux prendre des décisions plus rapidement, même sous pression ? La semaine prochaine, on s’inspire d’un réflexe mental utilisé par les agents de la CIA.