Pourquoi les meilleurs professionnels écrivent tout (et pourquoi vous devriez aussi!)
Au début de ma carrière, je ne prenais quasiment pas de note. Je faisais confiance à ma mémoire, convaincu d’avoir une excellente mémoire. Je me souvenais des dates d’anniversaire, des noms et prénoms, des visages des personnes que je rencontrais. Je pensais savoir retenir une quantité importante d’information.
Mais cela, c’était avant de rentrer dans le monde du travail.
Un flot constant d’informations et d’actions m’arrivait de toutes parts : en réunion, à la pause café, au déjeuner, même sur le parking de l’entreprise. Je croyais pouvoir tout retenir. Mais les semaines passaient, et je me retrouvais submergé. Les relances s’accumulaient, les tâches oubliées aussi.
Jusqu’à un jour où mon responsable me dit : “ce n’est pas possible, tu as une mémoire de poisson rouge.”
C’en était trop ! Désormais, je doutais non seulement de ma mémoire, mais aussi de ma compétence professionnelle. Il me fallait trouver l’origine de l’écart entre ma perception de mes compétences mémorielles et les attentes de ma hiérarchie.
Lors de mes recherches, j’ai compris plusieurs choses que je vais vous expliquer dans cette édition :
Mon cerveau n’est pas fait pour retenir de l’information, mais pour réfléchir, planifier, organiser et créer.
Une information ça se capture, sur une application, sur un post-it… Cela permet de libérer le cerveau des informations qui l’empêchent d’exercer ce qu’il fait de mieux.
Il existe des méthodes simples qui ont changé à tout jamais la trajectoire de ma carrière.
Votre cerveau a un défaut bien connu : il n’aime pas l’inachevé.
Lorsqu’une tâche reste ouverte : un mail à envoyer, une décision à prendre, une idée floue, elle continue de tourner en arrière-plan.
Votre cerveau déteste les tâches inachevées parce qu’il les perçoit comme des problèmes ouverts. Dès qu’une action est commencée sans être clairement terminée ou planifiée, le cortex préfrontal la maintient active. Cela même si vous avez changé de tâche.
C’est ce qu’on appelle l’effet Zeigarnik : nous nous souvenons mieux des tâches interrompues que de celles qui sont terminées.
Les tâches non-terminées consomment de l’énergie mentale, elles vous empêchent de vous concentrer sur autre chose.
Moins vous avez de l’énergie mentale, plus vous êtes susceptible de prendre de mauvaises décisions.
C’est pour cela qu’à la fin d’une longue journée de travail très chargée en tâches, vous avez l’impression de n’avoir rien fait de votre journée.
Votre cerveau a enregistré beaucoup plus de taches inachevées que de tâches achevées.
Vous n’êtes pas débordé parce que vous avez trop à faire. Vous êtes débordé parce que tout reste dans votre tête.
La solution consiste à se sortir les pensées de sa tête pour récupérer vos capacités cognitives qui ont été consommées par la charge mentale.
Les professionnels efficaces ont tous un point commun : ils ne stockent pas leurs décisions dans leur cerveau. Ils les externalisent.
C’est le principe fondamental de la méthode Getting Things Done (GTD).
Votre esprit est fait pour avoir des idées, pas pour les retenir. Tant qu’une information reste mentale, elle vous parasite. Dès qu’elle est posée quelque part de fiable, votre cerveau peut relâcher la pression.
Prendre des notes, ce n’est donc pas écrire plus. C’est penser moins et donc mieux.
La méthode GTD part d’un constat simple : La fonction principale du cerveau est de réfléchir, anticiper et de créer. Cependant, on lui demande sans cesse de retenir, de stocker, de se souvenir. Résultat : surcharge, oublis, frustration. GTD inverse la logique et installe un système fiable, à l’extérieur de votre tête.
Capturer : tout ce qui attire votre attention est immédiatement sorti de votre cerveau et écrit sur un papier ou une note digitale. Idées, tâches, demandes, pensées parasites. Rien ne reste en suspens.
Clarifier : chaque élément est traité un par un. Est-ce actionnable ? Si non, on élimine. Si oui, on définit la prochaine action concrète.
Organiser : ce qui doit être fait est rangé au bon endroit. Agenda pour les actions planifiées, to-do list du jour pour le reste des actions que vous réalisez ou déléguez.
Revoir : régulièrement, vous passez en revue votre système. Vous nettoyez, ajustez, reprenez de la hauteur. C’est ici que le contrôle revient.
Agir : vous passez à l’action avec clarté. Vous savez quoi faire, quand, et pourquoi. L’énergie n’est plus gaspillée à se souvenir, mais à avancer.
Progressivement, le cerveau respire, on regagne en ressources cognitives. Et vous retrouvez quelque chose de rare : la sensation de maîtriser votre travail, même quand tout s’accélère.
Rappelez-vous ce que nous avons vu dans les précédentes éditions.
Les meilleurs décideurs ne cherchent pas la perfection. Ils reconnaissent des schémas. Chaque note bien prise est un entraînement.
Votre carnet devient une extension de votre jugement.
Ce que vous devez retenir, c’est que la prise de notes n’est pas une tâche administrative. C’est un avantage stratégique. Elle libère votre esprit. Elle structure votre pensée. Et surtout, elle vous aide à décider plus vite et mieux dans votre carrière.
Dans la prochaine édition, nous verrons ce que notre cerveau déteste par-dessus tout :
Accepter d’arrêter un projet sur lequel on a investi de l’énergie, du temps et parfois même une part de son identité.
Nous verrons pourquoi cette résistance peut orienter, inconsciemment, des décisions majeures de carrière. Et surtout, comment mettre en place des mécanismes concrets pour éviter que l’attachement au passé ne dicte votre avenir.